LU DANS LE JOURNAL N°4
L’hommage municipal que La Voix du Sancerrois a récemment relaté à l’endroit de nos trois Hérissons centenaires a le bonheur de nous laisser songeurs…
Oublions vite la photo de circonstances immortalisant nos édiles dans une posture un peu guindée. Pas facile, il est vrai, de poser avec « une composition florale » dans les mains tout en voulant se donner une contenance naturelle… Dommage pour nos valeureux notables : le photographe n’était guère inspiré.
Arrêtons-nous simplement sur la pensée qui nous hante aussitôt : à quoi tient le mystère de la longévité ?
Devenir centenaire, est-ce le fait du hasard, le résultat d’une saine hygiène de vie, le verdict aléatoire d’un bon patrimoine génétique ?
Poser la question, c’est déjà se perdre en conjectures et, inconsciemment, s’interroger sur notre propre aptitude à atteindre un siècle de vie.
Pour nous qui doutons ou espérons — selon notre tempérament plus ou moins optimiste —, deux attitudes rivalisent de bon sens.
— Ou on adopte de franches résolutions pour multiplier nos chances d’atteindre ce cap de grande sagesse. Et on se met en quête de recettes promises à réussir.
Si vous partagez cette envie, suivez ce lien :
http://www.viva.presse.fr/Cinq-conseils-pour-devenir_3786.html
— Ou alors on cherche à se rassurer en évaluant nous-mêmes notre propre espérance de vie sur la base de questionnaires anxiogènes.
Si vous vous reconnaissez là, précipitez-vous sur ce lien :
http://www.e-sante.fr/quelle-est-votre-esperance-vie-faites-votre-calcul-personnel/actualite/422
Entre vouloir devenir centenaire et savoir si on va le devenir, surgirait la frontière entre deux conceptions de la vie, celle qui sépare les caractères volontaristes et les esprits fatalistes.
Mais cela serait vraiment trop simple si le secret de la longévité reposait sur un raisonnement cartésien. Pour longtemps encore, à Herry comme ailleurs, la chance d’être centenaire gardera ses mystères. Un cadeau étrange de la nature qui se plaira toujours à narguer l’équité…
Source : La Voix du Sancerrois, 19 janvier 2012
DIVERS D'HIER N°1
En honneur de l’année nouvelle, ajoutons une rubrique inédite à notre « joli blog villageois » pour mieux savourer son humeur berrichonne, au fil des faits divers de jadis qui ont dû « faire jaser » nos aïeux.
Dans le ton comme dans son contenu, l’article paru dans la Dépêche du Berry le 29 janvier 1943 — il y a soixante-dix neuf ans presque jour pour jour — en dit long sur le « sentiment d’insécurité » qui, au cœur de l’Occupation, s’empare soudain d’Herry après une série impressionnante de cambriolages nocturnes.
L’identité des victimes, la stupeur de leurs réactions sur le vif, le détail des préjudices subis, l’itinéraire des voleurs, les rumeurs qui enflent aussitôt : tout est raconté à la façon d’une enquête de terrain, comme si nous emboitions le pas du chroniqueur… À une époque où le vol par effraction et l’indignation conséquente intéressaient la presse locale.
TEXTE INTÉGRAL —
Il faut vraiment être sûr de soi pour visiter dans la même nuit onze caves, et y dérober toutes sortes de marchandises et victuailles. C’est cependant l’exploit que viennent de réaliser, à Herry, d’audacieux malfaiteurs.
Dans la nuit du 24 janvier, ils ont pénétré dans les caves et sans aucun bruit, sans trop de dégâts pour les maisons. Ils ont effectué une rafle fructueuses certes, mais qui, s’ils sont pris, leur rapportera aussi quelques mois de prison. Mais voici les faits.
Le 25 janvier, M. Eugène Trotignon, 53 ans, cultivateur, se rendit dans son écurie, et regarda à l’intérieur d’un coffre pour voir si du blé qui y était placé ne subissait aucun dégât. Il eut la désagréable surprise de constater que le blé avait disparu. En effet, un cas de 50 kgs n’était plus à sa place de même que quelques sacs d’engrais.
Ayant fait part du vol à sa voisine, Mme Lucie Debord, 56 ans, ménagère, celle-ci lui avoua à son tour que trois poules lui avaient été également été prises et qu’elle subissait un préjudice de 500 francs.
Les nouvelles se transmettent vite dans un village et, peu après, c’est M. Fernand Rousselet, secrétaire de mairie, qui se plaignait qu’un fût de vin de 30 litres, et une trentaine de bouteilles de vin fin vieux avaient tenté les voleurs. Le tout était entreposé dans la cave et la serrure fermée à clef obligea les malfaiteurs à la fracturer. C’est un préjudice de 2.000 francs que M. Rousselet a à déplorer.
Et l’on apprit encore que, continuant leur ronde, les voleurs étaient aussi passés chez M. Pierre Cherrier, 43 ans, entrepreneur de battage. Ayant fracturé la porte de la cave, ils ont pénétré dans la cuisine et y ont dérobé un drap de lit, une paire de brodequins d’homme, trois blouses de femmes, etc. Or, M. Cherrier, qui couche au-dessus de la cuisine, n’a entendu aucun bruit au cours de la nuit. Il estime son préjudice à 1.500 francs environ.
Ayant peut-être été dérangés à ce moment-là, les voleurs ont simplement arraché le grillage qui barre l’entrée de la cour de Mme Judith Coquery, 32 ans, ménagère. Mias ils sont passés chez Mlle Lucienne Gravier, 46 ans, tricotteuse, et, dans la cave, ont pris deux doubles décalitres d’oignons, trente kilos de pommes de terre, deux pots de haricots verts salés, deux kilos de sel et quatre litre de vin, le tout estimé à environ 300 francs.
Ils ont encore forcé le cadenas de la cave de Mme Amée Basty, 72 ans, ménagère, et ils se sont appropriés cinquante kilos de pommes et quinze kilos de poires.
Après les légumes et les fruits, il fallait bien un peu de viande, n’est-ce pas ? Aussi est-ce quinze lapins estimés 1.2000 francs, qui ont été pris chez Mme Éveline Vannier, 43 ans, ménagère, puis trois poules et trois lapins dans le clapier de M. René Tournefier, 41 ans, cantonnier qui estime la perte qui lui est causée à 500 francs.
La veille de cette formidable razzia, deux jeunes gens, âgés de 20 à 25 ans, ont consommé dans un café du village. Sont-ils pour quelque chose dans ces cambriolages ? Une auto étrangère à la commune a aussi été remarquée. Qui en est le propriétaire ? C’est ce que la gendarmerie, qui a ouvert une enquête, essaie d’établir.
Source : La Dépêche du Berry, 29 janvier 1943
RACINES
Libr’Herry adresse à ses fidèles lecteurs(rices)
ses meilleurs vœux pour l’Année nouvelle,
toujours plus inspirée par nos racines berrichonnes…

LES GOÛTS ET LES COULEURS N°3
Et si on clôturait l’année en musique ?
Exercice délicat en Berry tant les traditions locales en appellent encore au grésillement plaintif de la vielle : une passion folklorique dont je laisse volontiers l’exclusivité à l’inimitable Sabotée Sancerroise.
Osons alors explorer le Pop berrichon à la manière du groupe Old School, alias Pop Berry Band, dont j’ai découvert par hasard le registre « musique de jeunes »...
Je ne suis pas assez expert pour m’aventurer dans la critique, exercice trop facile quand on ignore tout de la composition musicale.
Alors je vous laisserai le soin de juger… et de « faire le buzz » autour de vous « si cela vous parle », comme disent les D’jeunes.
http://old.school.over-blog.com/
HISTOIRE, MÉMOIRE, TERROIR N°7
Nouvelle démonstration de « catéchisme mémoriel » dans notre journal hebdomadaire, La Voix du Sancerrois, jeudi 8 décembre dernier.
L’article relatant l’hommage annuel rendu au « capitaine Daniel, tombé au champ d’honneur le 3 décembre 1944 » évite de s’attarder sur la légende assez sulfureuse de cet étrange personnage, figure éponyme du panthéon communiste de la Résistance berrichonne.
Celui « qui avait si souvent passé à travers les balles » — insiste bizarrement la chronique posthume publiée dans le Berry Républicain, le 6 décembre 1944 — entreprit à Beffes, le 4 avril 1944, de retenir en otage quatre policiers venus d’Orléans : une prouesse peu reluisante au regard des terribles représailles allemandes qui allaient s’abattre le 30 avril sur la population innocente.
De même, en mai 1944 à Veaugues, ce « paladin de légende » — dixit le même article — parvint miraculeusement à sortir seul indemne d’une gigantesque opération militaire. Les résistants croyaient pouvoir tendre une embuscade à cinq voitures de la Gestapo. Mais l’armée allemande les attendait au rendez-vous, grâce aux renseignements que leur livra un résistant félon et vénal du Groupe Daniel. Curieusement, seul le chef, le fougueux Capitaine Daniel, sortit indemne du massacre.
Circonstance miraculeuse ou exfiltration arrangée ? L’énigme reste entière et le doute méthodique, — posture naturelle de l’historien —, reste permis. Pour mémoire, rappelons que le « monstre Paoli », pour démanteler le réseau Vengeance, sut habilement tirer profit des rivalités entre résistants sancerrois dont la foi patriotique fut hélas parfois chancelante…
§
UN MAQUIS TOUT PRÈS D’HERRY
« Campements successifs du Groupe Daniel : Chassenet (commune de Saint-Bouize) où le fermier, Monsieur Thirot, les ravitaille, la forêt du Chêne Fourchu et le Bois Caché à Feux, les bois de Veaugues, Vinon où le vicomte de Vaufreland a caché le groupe, ceux de Lugny-Champagne et la ferme du Coudray (commune de Groises) qui sera le dernier emplacement du maquis au moment de la Libération. »
Source : Ouvrage collectif - La Résistance dans le Cher, 1940-1944 (Orléans, CRDP, 2004)
Plusieurs pages sont consacrées à la rafle de Beffes (30 avril 1944) et au massacre de Veaugues (19 mai 1944) dans mon roman historique, — Trompe-la-Mort - Les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo — écrit à partir de mes recherches dans les archives départementales du Cher et de témoignages inédits recueillis auprès de personnes ayant vécu cette période.
Source : Jacques GIMARD — Trompe-la-Mort — Les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo (Éditions Qui Lit Vit, 320 pages, format 14x20 cm, 22 €)
POUR COMMANDER CE LIVRE :
- http://www.editionsquilitvit.com/boutique/#cc-m-product-5209776163
- http://www.amazon.fr/Trompe--Carnets-Secrets-Français-Gestapo/dp/2919760041/ref=sr_1_6?s=books&ie=UTF8&qid=1309345014&sr=1-6
Si vous souhaitez organiser une conférence-débat, contactez l’auteur…
Source : La Voix du Sancerrois, 8 décembre 2011
Source : Le Berry républicain - 6 XII 1944 — Archives départementales du Cher, PER 204
HERRY SOUS L'OCCUPATION N°9
Poignant exemple de protocole funéraire par temps de guerre : l’abbé Sennedot n’omet aucun détail au moment de raconter ce triste périple dans son Rapport exclusif adressé à l'Archevêque de Bourges. Deux corps putréfiés de soldats français retrouvés près du Pont de Pouilly. Deux âmes à bénir avant de leur offrir une sépulture décente dans le cimetière d’Herry…
ÉPISODE 9 —
"Enfin 5 juillet 1940, 1er vendredi du mois, dernier et émouvant épisode de la guerre à Herry : sépulture religieuse dans le cimetière communal de deux soldats français tombés pour la France, près du Pont de Pouilly, dans un combat meurtrier qui eut lieu le dimanche soir 16 juin et pendant lequel des avions, que l’on suppose italiens, firent pleuvoir sur la foule des piétons, — soldats et civils qui traversaient la Loire en rangs pressés —, une grêle de bombes qui fit de nombreuses victimes. Les corps des deux militaires furent retrouvés trois semaines plus tard sur le territoire de la commune d’Herry, recouverts d’une légère couche de terre, près du village du Perthuis-du-Bois.
L’état de décomposition des corps empêcha toute cérémonie à l’église. Je demandais aux Dames de la Ligue Patriotique de faire en ce premier vendredi de mois le sacrifice de la messe qui devait être célébrée à leur intention et de me permettre d’en appliquer les mérites et le fruit aux âmes des deux glorieux serviteurs de la France, et à onze heures, pendant que les cloches sonnaient le glas, une cérémonie religieuse eut lieu au cimetière, au pied du monument aux morts de la guerre 1914-1918. Les deux bières, contenant les restes des deux soldats étaient rangées côté à côte sous le drapeau tricolore. Une absoute solennelle fut chantée par Monsieur le Curé entouré d’anciens combattants et d’une assistance de cent cinquante personnes environ, et les corps furent déposés l’un après l’autre en terre sainte, après une dernière bénédiction. L’un des soldats était du recrutement de la Seine, de la ville de Saint-Denis, et l’autre du recrutement de la Sarthe, de la ville du Mans. Que leurs âmes, par la miséricorde de Dieu, reposent en paix !"
(à suivre)

Avion italien Savoia-Marchetti S.M.79 Sparviero
Le Berry a connu bien d'autres cruautés au cours des années sombres de l'Occupation, comme le relate mon roman historique, — Trompe-la-Mort - Les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo — écrit à partir de mes recherches dans les archives départementales du Cher et de témoignages inédits recueillis auprès de personnes ayant vécu cette période.
Source : Jacques GIMARD — Trompe-la-Mort — Les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo (Éditions Qui Lit Vit, 320 pages, format 14x20 cm, 22 €)
POUR COMMANDER CE LIVRE :
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HISTOIRE, MÉMOIRE, TERROIR N°6
L’article que l’hebdomadaire La Voix du Sancerrois vient de consacrer à « la mémoire de Roland Champenier » participe sans l’avouer à une mythologie de la seconde guerre mondiale dont notre XXIe siècle a vraiment du mal à se départir.
Tout ce que l’on croit savoir de ce maquisard berrichon, — ayant essentiellement combattu dans la Nièvre — procède d’une hagiographie tellement hyperbolique que ce « grand homme de Marseilles-les-Aubigny »1 semble soudain désincarné.
Les rares éléments biographiques que l’on trouve à son sujet en dressent un portrait héroïque qui ne trahit ni faiblesse ni défaut.
On le découvre tour à tour instruit, besogneux, courageux, entreprenant, intrépide, opiniâtre, altruiste, charismatique, zélé, patriote. Bref, le héros parfait, sans la moindre aspérité.
La liste de ses exploits apparaît, il est vrai, stupéfiante : aussitôt son CAP en poche, il opte pour la lutte clandestine, il met en place des équipes de sabotage, il tisse un réseau d’évasion avec le concours des mariniers pour aider des prisonniers à trouver refuge en « zone libre », il crée un maquis sur les îles de la Loire, entre Cher et Nièvre, il dirige la bataille de Donzy, il attaque l’hôpital de Nevers pour y libérer des camarades torturés…
Mieux encore, toute sa famille prend part, à ses côtés, à la martyrologie de l’Occupation.
Ses grands parents, victimes de la rafle de Beffes, le 30 avril 1944, sont déportés. Sa grand-mère Léonie périt dans un camp de concentration.
Son père Louis2 est tué lors de la bataille de Donzy, le 1er juillet 1944.
Son frère Maurice, âgé de 14 ans, brièvement arrêté lors de la rafle de Beffes, lui servira d’agent de liaison.
Apothéose d’un destin tragique : notre héros berrichon trouve la mort dans la bataille des Vosges le 14 novembre 1944. Il avait tout juste vingt ans.
Hélas, le récit de cette épopée ne nous raconte pas l’essentiel : pourquoi ce preux « Roland, paladin du maquis » — titre d’une brochure (communiste) éditée à sa gloire —, avait-il choisi cet engagement total ? Comment a-t-il pu s’y imposer si jeune ? Quelles raisons intimes, militantisme mis à part, animaient son action ?
Aujourd’hui, ne perdure de lui que la posture emblématique d’un jeune berrichon qui choisit de combattre une utopie meurtrière, — le nazisme — au nom d’une autre utopie politique, le communisme, qui se révélera tout aussi meurtrière…
Est-il pour mort « pour ses idées » ou « pour son pays » ? Libre à chacun d’interpréter, selon le degré de sympathie qu’inspirent les cérémonies cultuelles à la gloire d’une utopie d’un autre temps…
Seule entorse à l’orthodoxie communiste : cette année, la chorale de Pougues-les-Eaux a omis de jouer l’Internationale, l’hymne qui présida aux obsèques3 du commandant Roland Champenier. Sans doute parce que l’utopie ne fait plus rêver… pas même à Marseilles-les-Aubigny.
NOTES —
1« Nos grand hommes » : titre de la rubrique que le site de Marseille-les-Aubigny consacre au commandant Roland Champenier.
http://www.marseilles-les-aubigny.fr/index.php?ID=3&A=8
2Selon des témoignages convergents datant de 1947 et 1948, Louis Champenier, père de Roland, aurait participé, en compagnie de son beau-frère, à l’attentat (manqué) contre le gestapiste Pierre Paoli, le 14 août 1943 à Aubigny-sur-Nère.
3Cf. ci-dessous, l’article du Berry Républicain du 21 novembre 1944
Document 1 – Annonce de la mort de Roland Champenier
Source — Archives départementales du Cher, PER 204 : article in Le Berry Républicain, 17 novembre 1944
Document 2 — Les Obsèques de Romand Champenier
Source — Archives départementales du Cher, PER 204 : article in Le Berry Républicain, 21 novembre 1944
Document 3 — Compte-rendu d’audition de François Champenier, grand-père de Louis, au cours de l’instruction de l’affaire Paoli
Source : Archives départementales du Cher, 755 W 1 : PV audition François Champenier, 22 janvier 1946
Document 4 — Hommage rendu en novembre 2011
Source : La Voix du Sancerrois, jeudi 17 novembre 2011 (extrait)
Plusieurs pages sont consacrées à la rafle de Beffes (30 avril 1944) dans mon roman historique, — Trompe-la-Mort - Les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo — écrit à partir de mes recherches dans les archives départementales du Cher et de témoignages inédits recueillis auprès de personnes ayant vécu cette période.
Source : Jacques GIMARD — Trompe-la-Mort — Les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo (Éditions Qui Lit Vit, 320 pages, format 14x20 cm, 22 €)
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HUMBLE AVIS N°13
Herry serait-il en proie à la spéculation immobilière ? L’impression n’est pas fortuite. Il suffit de googoliser le mot Herry pour constater que — à part « notre joli blog » qui campe parmi les premières références — notre village tient les faveurs des officines immobilières depuis que le programme « Hameaux de campagne » est en cours de construction au lieu-dit de La Garenne.
Une précédente chronique ici même avait laissé en suspens quelques points d’interrogation. La campagne de communication du groupe Promeo nous livre enfin quelques réponses, plus ou moins édifiantes.
Revenons tout d’abord en quelques mots sur ce concept auto-proclamé « innovant ». Cette « alternative originale et adaptée à l’habitat des seniors » célèbre une approche communautariste de l’habitat rural. Tel qu’il est conçu, dessiné et promu sur le site dédié, cet « Hameau de campagne » joue de mots-clefs pour rassurer et convaincre : « habiter et investir », « aide au quotidien », « résidences senior » et « tranquilité » — avec la faute d’orthographe s’il vous plaît !! —
Village services, résidences seniors, ou « réserve de vieux » ? L’interprétation est libre bien sûr. Cette approche pionnière dessinerait-elle le village du futur où les personnes âgées seraient mises en l’écart pour vivre entre eux bon gré mal gré ? Curieuse innovation que celle de transporter le défaut des villes à la campagne…
Poussons plus loin la curiosité en examinant la méthode de vente appliquée à notre village. La plaquette PDF du projet hérisson réserve quelques surprises.
Nous apprenons d’emblée que par la route, Herry se situe à moins de 2H10 de Paris ! Prouesse extraordinaire d’un automobiliste pressé qui sait déjouer les embouteillages et narguer les radars…

Nous apprenons en outre qu’Herry « s’ouvre sur les châteaux de la Loire ». Plus à vol d’oiseau qu’à portée de bus touristique hélas. Rien de plus normal : la publicité aime simplifier à outrance pour rendre le produit séduisant.

Nous découvrons de surcroît que les heureux résidents doivent être amateurs de pétanque ! La présence d’un boulodrome au cœur du village renvoie déjà l’écho du cliquetis des boules, des clameurs victorieuses, des jurons dépités et des tournées générales et non moins euphorisantes autour d’une liqueur anisée. Bref, les allergiques aux pétanqueurs sont priés de s’abstenir…
Restons enfin circonspects sur la performance fiscale de l’investissement. Les sites marchands n’en disent que du bien, comme il se doit, puisqu’ils sont juge et partie. Certains forums spécialisés invitent à réfléchir : « Loi Bouvard : eldorado ou arnaque ? » par exemple. Une savante controverse à laquelle notre joli blog villageois s’abstiendra de prendre part.
Mais sur ce blog aussi, le débat est ouvert pour mieux explorer les charmes insoupçonnés de cette « Résidence Cœur de vie »…
Cf. les liens ad hoc —
Le site dédié aux Hameaux de Campagne :
http://www.hameaux-de-campagne.fr/
La plaquette du produit « Hameau de campagne à Herry » :
http://www.hameaux-de-campagne.fr/pdf/fiche_prog_2_fr.pdf
Un forum spécialisé invitant à la vigilance :
http://droit-finances.commentcamarche.net/forum/affich-4425732-loi-bouvard-eldorado-ou-arnaque
Un site marchand parmi d’autres :
Source : La Voix du Sancerrois — 27 X 2011
Un article promotionnel autour du chantier en cours…
DIMANCHE À TROUY
Dimanche 13 novembre prochain, retrouvons-nous aux LITTÉRALES de TROUY où j’aurai le plaisir de vous dédicacer mon dernier ouvrage et de lier connaissance avec vous, que vous soyez passionné(e)s d’Histoire ou d’histoires…
Itinéraire vers Trouy — Agrandir le plan
Source : Le Berry Républicain — 2 XI 2011
HERRY VINTAGE N°2
Quand le cirque passe, une baguette magique enchante soudain notre village.
Les couleurs riantes des camions alignés sur le champ de foire, le chapiteau qui préfigure l’espace et le temps du spectacle, le rugissement du lion qui s’ennuie, des bestioles exotiques qui broutent paisiblement sous le regard amusé des badauds : ce décor suffit à donner un air de fête à Herry endormi.
Le lendemain, ne restent que quelques photos pour témoigner de ce rêve éveillé, pour celles et ceux qui ont la chance de garder leur âme d’enfant…
Parmi les lecteurs de cette chronique, se trouvent peut-être des Hérissons qui ont assisté à la représentation du dimanche après-midi. Notre « joli blog » serait heureux de publier les photos de cette récréation dominicale si inhabituelle, avec leurs commentaires personnels, selon leur envie bien sûr.
Merci par avance.





















