03 juillet 2008
HISTOIRE, MÉMOIRE, TERROIR...
Si vous vous intéressez à la Résistance, et plus particulièrement à l’histoire de notre contrée, ce cédérom est pour vous !
Il se présente comme une « base unique d’informations sur la Résistance dans le Cher, et un outil de référence pour découvrir et comprendre cette page essentielle de notre histoire locale ».
Proclamé tel, cet opus se révèle, de toute évidence, à la hauteur de son ambition.
Saluons tout d’abord le travail méticuleux de ses auteurs. Les recherches ont été effectuées par le Musée de la Résistance et de la Déportation de Bourges et du Cher. Une matière assez abondante pour prendre place dans la collection que dirige l’A.E.R.I. (Association pour des Études historiques sur la Résistance Intérieure).
Louons aussi la commodité de ce produit, accessible aux visiteurs les plus timorés. Entrées thématiques, index des lieux, des personnes et des années, onglets Atlas, Glossaire, Médiathèque, sources multiples (photos, documents sonores, témoignages, coupures de presse, cartes, etc)… On entre comme on veut dans ce cédérom, et on ne s’y égare jamais.
Précision, concision, méthode. Ce parti pris pédagogique se fie aux quatre points cardinaux du bon sens :
• Rassembler sur un même support les documents et les connaissances concernant l’histoire de la Résistance locale
• Sauvegarder et transmettre aux jeunes générations le patrimoine de la mémoire résistance
• Apporter une contribution à l’histoire de la Résistance
• Rappeler les valeurs pour lesquelles les résistants ont combattu
Rendons hommage enfin à la prudence didactique du petit livret, fort bien conçu, qui accompagne le cédérom.
Avec tact, un avertissement fait acte d’humilité : « Les divergences dans l’orientation des travaux s’expliquent par la composition des équipes d’auteurs, parfois composés principalement d’anciens résistants, d’autres fois exclusivement d’enseignants (…) L’unique ambition de leurs auteurs a été de faire le point sur l’ensemble des connaissances, au moment où les témoignages se raréfient. »
Des historiens suspicieux verront là un aveu de faiblesse. Mais le propos a le mérite d’assumer « l’obstacle épistémologique » que rencontre fatalement pareille entreprise.
Certes, l’opus donne parfois l’impression de flatter une vision hagiographique de la Résistance.
Certes, en raison de la culture dominante de l’époque, surtout dans le Cher, il réserve une place de choix (une part un peu trop belle peut-être) au martyrologe FTP.
Certes, il fait l’impasse sur certaines tragédies locales, illustrant le terrible engrenage « oppression-résistance-représailles », comme la râfle de Beffes (30 avril 1944) ou encore l’embuscade de Veaugues (4 mai 1944).
Mais ces petites réserves s’oublient vite lorsqu’on prend plaisir à explorer cette œuvre de premier choix qui sait si bien confronter notre terroir aux brûlures de l’Histoire…
Pour commander ce cédérom :
A.E.R.I.
16-18, place Dupleix
75015 PARIS
www.aeri-resistance.com
20 € + 4 € (frais de port)
NOTRE CANTON À L'HONNEUR
Parmi les innombrables mérites du cédérom « La Résistance dans le Cher », remarquons la juste place qu’il réserve à Roland CHAMPENIER, alias « Commandant Roland », martyr de MARSEILLE-LES-AUBIGNY.
L’Histoire met ainsi notre canton à l’honneur. Encore une bonne raison de participer à la promotion de ce remarquable opus.
APPEL À TÉMOIGNAGES
Au titre d’une étude monographique que j’entreprends sur la répression sous l’Occupation, dans le département du Cher (période 1942-1945), je recherche des témoignages de personne ayant vécu, de près ou de loin, la RÂFLE DE BEFFES (30 avril 1944).
Liste des victimes de cette arrestation : M. Ariens, Jean Aubrun, André Bertrand, Mme Boidi, M. Chemignon, François Champenier, M. Daize, Lucien Debord, Marcel Delage, M. Dupuis, M. et Mme Francou, Mme Gaudry, André Gigot, Renée Guette, M. Haspaia, M. et Mme Leduc, Mme Pannetrat, Dr Piton, Julien Quenault, M. et Mme Ramillon, M. Salomon
Si vous avez des souvenirs précis sur ces noms ou sur cet événement, contactez-moi… MERCI

26 juin 2008
« FEU DE LA SAINT JEAN » À HERRY
Des rites ancestraux, celtes et germaniques, célébraient par des feux de joie l’entrée du solstice d’été (21 juin).
Comme l’anniversaire de la Nativité de Saint Jean le Baptiste venait quelques jours plus tard (24 juin), l’Église, dès les premiers temps du christianisme, s’appropria la coutume païenne en l’adaptant à la fête du Saint qui avait annoncé la venue du Messie.
À l’usage d’allumer de grands feux la veille de la Saint-Jean, s’ajouta aussi la bénédiction des moissons. Un rite qui permit d’asseoir pour longtemps la dimension religieuse de la fête.
La coutume de danser autour du grand bûcher ne tarda pas à entretenir la ferveur populaire. Et selon les régions, varie la force magique de cette farandole.
Si les jeunes filles s'y livraient avec beaucoup d’enthousiasme, c’était pour conjurer le mauvais sort : en dansant ainsi neuf fois autour des feux de la Saint-Jean, elles avaient la certitude de se marier dans l’année.
Autre tradition villageoise autour du bûcher : sauter par-dessus le feu. Une bravade qui, selon les contrées, valait certitude de se marier dans l’année, garantie contre les sortilèges, ou promesse de « fortifier ses vieux os ». Pour les vieillards, le défi était bien sûr moins exigeant : enjamber une braise suffisait à exaucer leurs prières…
Pour ce qui regarde le Berry, un mémorialiste du XIXe siècle, Laisnel de La Salle, nous précise quelques usages particuliers : il convient, selon lui, de « distinguer entre les campagnes et les bourgs. Dans les premières, c’était le plus avancé en âge qui mettait le feu à la « jônée ». Dans les bourgs, c’était Monsieur le curé ou Monsieur le maire. » (…) « On regardait le saut des jeunes gens les plus lestes comme une sorte de purification qui chassait les maladies et devait porter bonheur à ceux qui l’accomplissaient. »
Source : LAISNEL DE LA SALLE.- Souvenir du vieux temps : le Berry
(Paris, éd. Maisonneuve, t.1, 1900)

Depuis des temps immémoriaux, le feu de la saint Jean procède d'une tradition celtique
HERRY, SAMEDI 21 JUIN 2008
En 2008, à Herry, le feu de la Saint-Jean renoue avec le bonheur de saluer l’été par une fête villageoise.
Certes, le dance floor, avec faisceau laser et fumigènes s’il vous plaît, a remplacé les désuètes farandoles autour du feu.
Certes, « principe de précaution » oblige, il est interdit de sauter au-dessus du brasier.
Certes, les Hérissons admirant le feu sont sans doute moins superstitieux que leurs ancêtres pour s’abandonner à quelques vœux secrets…
Mais la magie du « feu de la Saint-Jean » sait toujours réchauffer les cœurs, avec la joie de partager enfin le retour des beaux jours. Rien que pour cela, cette sympathique veillée villageoise méritait cet humble hommage… que je vous invite à compléter sans modération !

Vœu d'un petit Hérisson autour du "feu de la Saint Jean"

Pour étancher la soif, l'intendance suit...

Réunion au sommet de nos édiles : délibèrent-ils ? conspirent-ils ? Autour d'un cidre doux, impossible de tenir des mots durs !
Le feu est éteint : une villageoise rêveuse cherche les siens...
16 juin 2008
LU DANS LE JOURNAL N°1
Cette nouvelle rubrique s’amuse à remettre à la une quelques faits divers du temps jadis, insolites ou cocasses, qui ont dû « faire jaser » dans le village. Un siècle plus tard, à notre tour alors de jacasser…
ENCORE UN EXPLOIT DE SATYRE
Mlle Picard Cécile, âgée de 25 ans, journalière au Lac, commune d’Herry, quittait la ferme de Villatte pour se rendre chez elle, lorsqu’elle aperçut sur sa route un individu à mine suspecte, qui semblait guetter son passage ; elle revint à la ferme, attendit 20 minutes, puis prit un chemin détourné, pour se soustraire à la vue de l’individu. Lorsqu’elle fut arrivée à 500 mètres environ de la maison d’habitation, elle vit à nouveau le guetteur qui, escaladant les haies et courant à travers champs, se porta dans sa direction. Très agile, Mlle Picard s’enfuit à toutes jambes, suivie par le satyre qui, ne pouvant la rejoindre avant qu’elle rentre chez elle, lui cria cette menace : « Si j’avais pu t’attraper, je t’aurais fait ton affaire, mais je te rattraperai toujours. »
Plainte a été déposée à la gendarmerie qui a ouvert une enquête sur les agissements de ce triste individu. Il s’agit d’un soldat du 6ème régiment d’infanterie, en congé de convalescence d’un mois dans sa famille.
* satyre : (XVIIe siècle) MOD. FAM. Homme lubrique, obscène, qui entreprend brutalement les femmes ; exhibitionniste, voyeur.
Source : Le Journal de Sancerre, mai 1919
24 mai 2008
BAGATELLE POUR UN MASSACRE

Faut-il massacrer pour instruire ?
L’étrange lutrin, solidement rivé aux abords de l’église Saint-Loup, nous autorise à poser la question.
Certes, l’intention est louable : livrer quelques éclairages historiques sur les monuments de notre région.
Mais l’outil n’a pas son pareil pour enlaidir l’édifice qu’il est censé glorifier.
Qui a eu cette idée folle d’offrir cet outil culturel aux villages du Val de Loire ?
Quel est le message qu’entend nous délivrer son style « si particulier » ? Est-ce un hommage furieusement tendance au design des seventies ? Est-ce une publicité clandestine pour le savoir-faire d’Aérospatiale ou de Dassault Aviations ? Est-ce une représentation allégorique du pupitre des clercs ? Impossible de percer le mystère de cette puissante inspiration…
Derrière cette démonstration éclatante de mauvais goût, une réalité s’impose, plus affligeante encore. Imaginons un peu la débauche d’énergies que ce chef-d’œuvre a pu mobiliser. Avant de planter là ce lutrin, il a fallu sans doute :
- Recenser les monuments historiques qui méritent d’être ainsi défigurés ;
- Confier à un directeur artistique de génie le soin de réaliser un ouvrage digne de cette fonction iconoclaste ;
- Venir à bout des réticences qui ont pu s’exprimer dans le collège des décideurs anonymes, qui ont bien raison de taire la paternité de ce projet sublime ;
- Commander l’ignoble objet en nombre suffisant pour obtenir « un bon prix » sur la facture, que ces cornichons de contribuables paieront comme d’habitude ;
- Procéder à l’installation de l’ouvrage, en un lieu accessible et visible. Et qu’importe si aucun parterre fleuri n’agrémente cet outil culturel. N’oublions pas qu’il est là pour instruire, et non pour séduire. Et tant pis si vous estimez que l’objet porte atteinte à la dignité de notre belle église. Parce qu’on ne vous demandera jamais votre avis… On vous prie simplement de vous taire et de payer, au nom de la « promotion de notre patrimoine culturel régional », bien sûr.
Réveille-toi André Malraux, ils sont devenus fous !

25 avril 2008
VIEILLE CARTE N°1
Rien de mieux que la carte postale ancienne pour revisiter l’histoire d’un village. Sur ce point, Herry n’a rien à envier. Pour preuve, cette NOUVELLE RUBRIQUE s’attachera épisodiquement à soumettre de « belles images » aux vestiges de la mémoire autochtone.
Certes il y a plusieurs manière d’admirer une vieille carte postale.
- Le collectionneur s’attachera à la « bonne fraîcheur » de la pièce, au nom de l’éditeur, au « pittoresque » de la scène, à tous les petits détails qui font et défont sa « valeur marchande », comme si le passé pouvait se prêter à spéculation.
- Le natif du cru s’amusera, sur telle ou telle bâtisse, à confronter ses souvenirs aux récits de ses aïeux.
- Le rêveur aura une tendre pensée pour ces visages souriants que la curiosité a sorti du logis, juste le temps d’un cliché, pour satisfaire « l’envie de spectacle vivant » qui obsède le photographe visiteur d’un jour.
Que sont-ils devenus ces personnages figés ? Que faisaient-ils avant et après de prendre la pose ? Qu’aimeraient-ils nous raconter de leur vie quotidienne ? Savaient-ils d’ailleurs, à cet instant, qu’ils entreraient dans la postérité ? Des questions heureusement sans réponse. Parce que les mystères du passé participent au plaisir de la nostalgie…

16 avril 2008
TRIBUNE LIBRE N°1
Même s’il déroge au principe de non-anonymat que notre « Charte du hérisson loquace » revendique pour la libre expression des opinions, le présent commentaire a au moins le mérite d’ouvrir un premier débat sur LIBR’HERRY.
En réponse à mon billet « Humble Avis n°3 », consacré à la brillante réélection de notre « conseiller général à vie », un Hérisson non identifié a tenu à nous faire partager son « dépit citoyen » en ces termes :
« Serge (Berthelot) est régulièrement réélu depuis trente ans, mais y a-t-il une opposition face à lui ? Je réponds non, car ses adversaires de droite n'ont présenté aucun projet sérieux et propre au canton de Sancergues. De plus, ils n'ont pas l'envergure et la personnalité pour siéger au conseil général du Cher. Pour vérifier mon propos, il suffit d'écouter le discours qu'ils tiennent dans le canton et leur commune respective. Chanter le dimanche ne suffit plus à rassembler les électeurs en 2008 ! »
Laissons à notre correspondant la responsabilité de ses propos sur « l’envergure et la personnalité » des candidats de droite aux dernières élections cantonales. Car LIBR’HERRY ne veut pas alimenter les procès d’intention, ni les jugements de valeur sur nos illustres édiles.
Reconnaissons-lui néanmoins une certaine acuité sur la débâcle des candidats qui prétendaient incarner l’alternance. Un avis fort respectable que deux réalités viennent éclairer.
1/- Première réalité, opérationnelle. Aujourd’hui plus qu’hier, une vraie campagne électorale n’est plus affaire d’amateurs. Elle doit reposer sur une approche méthodique du terrain, soignant la notoriété, l’image et le message du candidat, à condition de ne pas mettre cette logistique en marche trente jours avant le premier tour de scrutin.
2/- Deuxième réalité, structurelle. Notre canton de Sancergues peine à trouver son identité, écartelé qu’il est entre des communes aux profils sociologiques fort différents, incomparables à ceux d’antan. Avec de nouvelles générations de néo-ruraux peu sensibles aux « racines terriennes » de nos candidats.
Ce nouvel échec ne doit-il pas nous inviter à dresser l’inventaire politique de cette « friche électorale » ? Assez de travail pour faire naître de nouvelles vocations, et trouver le « vrai candidat qu’il nous faut » pour 2014 ! À condition de ne pas s’y prendre trente jours avant…
MERCI, Cher Monsieur X, pour cette tonique mise en garde.

12 avril 2008
HUMBLE AVIS N°4
Par un communiqué de presse (Cf ci-dessous), la liste « Herry Demain », candidate aux dernières élections municipales, a pris soin de remercier « ceux qui ont participé à son action et ont apporté leurs suffrages »…
Saluons l’élégance du geste. Un hommage d’autant plus mérité que la bienheureuse liste victorieuse, elle, semble avoir oublié de contacter ce journal pour témoigner sa reconnaissance à ses électeurs. Nos nouveaux élus sembleraient donner raison à M’sieur Clemenceau : « La gratitude n’est pas une vertu démocratique »…
Mais attendons sagement le nouveau bulletin municipal, qu’ils nous ont promis « simple et régulier », avant de porter un jugement trop rapide, puisque le Hérisson, foi de Berrichon, aime bien « se hâter lentement ».
Saluons aussi la bienveillance des intentions. Souligner le devoir de vigilance qui incombe aux conseillers de la « minorité municipale », garantir constance et assiduité, rappeler que les séances municipales sont ouvertes à qui veut bien venir s’informer : voilà de saines dispositions, propres à raviver la transparence et le pluralisme de notre démocratie locale…
Espérons que la presse locale voudra bien en porter l’écho.
Avec enthousiasme et conviction, LIBR’HERRY accepte de s’y prêter.
Ici, le débat est ouvert tous les jours, et à toute heure. Pourquoi les électeurs d’Herry devraient-ils attendre six ans pour donner leur avis ?

Source : La Voix du Sancerrois, jeudi 3 avril 2008
07 avril 2008
NOUVELLE D’ANTAN N°1
Le présent récit, écrit il y a cent ans, relate un « temps fort » de la vie culturelle du village : une pièce de théâtre présentée par « les jeunes filles et demoiselles du patronage » d'Herry…
Un siècle après, deux questions nous viennent tout naturellement à l’esprit :
- Qui se souvient aujourd’hui de ce patronage ?
- Qui, de mémoire d’aïeux, pourrait livrer quelques informations sur les jeunes personnes citées dans ce récit ?
Comme il se doit, nous publierons vos témoignages… si la mémoire est au rendez-vous.
À bientôt.
« RÉJOUISSANT SOUVENIR » DU PATRONAGE
« Le dimanche 29 mars, à 8 heures du soir, et le jeudi 2 avril, à 2 heures de relevée, les jeunes filles et demoiselles du patronage donnèrent deux séances récréatives. Elles furent de tout point admirablement réussies. La nombreuse assistance qui, aux deux fois, remplit la salle, en gardera un réjouissant souvenir.
Le jeudi, M. le Doyen de Sancergues, MM. Les curés de Saint-Bouize, de Jussy, de Charentonnay, de Lugny, d’Argenvières, M. le vicaire de Feux, sur l’invitation de M. le curé d’Herry, étaient venus y assister. S’y trouvait également M. l’abbé JONCARD qui, dans les bonnes circonstances, nous procure toujours l’honneur et le plaisir de sa présence.
Les notables de la paroisse et même du voisinage vinrent témoigner aussi toute leur sympathie à cette œuvre si importante de la formation chrétienne de la jeunesse.
Nous regrettâmes l’absence de nos deux premiers bienfaiteurs, Monsieur et Madame DUVERGIER de HAURANNE, retenus l’un et l’autre à Paris.
La pièce qui fut jouée était intitulée « La plage de Biarritz ». 
C’était un drame, dans lequel une grande dame du monde assurément sans religion, ordonna de faire noyer sa nièce afin que sa propre fille eut en héritage la fortune de celle-ci.
Mais l’homme propose et Dieu dispose. L’enfant fut sauvée, et recueillie par une pauvre gitana qui l’éleva dans les sentiments les plus chrétiens, et la rendit à sa mère, qui retrouva sa raison en retrouvant sa fille. La malheureuse endurcie voulut une seconde fois, faire périr dans les flots sa nièce avec sa mère, mais sa propre fille qui ne voulut point de cette fortune volée et maudite, en sauvant sa cousine et sa tante, fut elle-même engloutie dans l’Océan. Voyant sa fille morte, cette horrible femme devint folle à son tour. La justice de Dieu s’exerce souvent dès ce monde.
On avait adapté les rôles au physique et aux aptitudes de chacune. Mademoiselle Marguerite CAZIOT remplit majestueusement son rôle d’impératrice.
Mademoiselle Thérèse VINCENT rappelait la gitana napolitaine.
On prit mademoiselle MORLON pour une véritable et belle andalouse.
Mademoiselle Renée TRUCHON, l’enfant sauvée devenue gitana, tira de sa mandoline les accents les plus plaintifs. Comme elle était naturelle dans ses habits de deuil, et « son air bonnes gens ».
La timide Marcelle VINCENT, se surpassa. Elle montra ce que peut une âme animée de l’amour et de la crainte de Dieu. Elle fut victime du devoir, de la justice et de l’honneur.
Nous pensons que le rôle le plus difficile fut celui que remplit mademoiselle Jeanne VANNIER. Elle dut faire la méchante, elle qui ne l’est pas. Douce, elle dut se montrer féroce. Elle réussit très bien en forçant sa nature.
Mesdemoiselles Antoinette TRUCHON et Aimée PARNOIS étaient dames de la Cour. On aurait dit de vraies duchesses !
Mesdemoiselles BAYARD, MOINDROT et LEFÈVRE jouèrent des intermèdes fort divertissants. Elles s’en tirèrent à merveille. Le premier prix de comique a été décerné à Mademoiselle BAYARD.
Tout le monde fut content. Les maîtresses d’avoir si bien formé leurs élèves. Les actrices d’avoir si bien joué. Les papas, les mamans d’avoir des filles bonnes, instruites et délurées. M. le curé, M. l’abbé d’avoir dans ces jeunes filles du Patronage d’excellentes et de vraies catholiques, et ajoutons que Madame BONNET de GRIMONVILLE donna un goûter à toute la société lyrique. »
Source : Bulletin paroissial d’Herry n°5, mai 1908
MÉMOIRE DE HÉRISSON
Comme tout village, l’âme d’Herry doit beaucoup à l’œuvre et à la vie de ses aïeux.
Cette NOUVELLE RUBRIQUE prendra plaisir à l’explorer, sans aucune prétention ethnographique bien sûr.
Juste des délicieuses émotions, glanées ici et là, dans diverses « vieilleries » que Dame Providence a bien voulu ramener jusqu’à nous.
À cet égard, les « Bulletins paroissiaux d’Herry » nous ouvrent une mine d’informations, parfois même de révélations, sur le quotidien ordinaire des Hérissons d’antan. Des petites histoires, ou des anecdotes sans importance, qui se dérobent à la grande Histoire.
Ces minces tranches de vie villageoise alimenteront régulièrement cette chronique, en espérant que nos fidèles lecteurs ajouteront quelques pièces de mémoire familiale à ces récits épars qui, d’un siècle à l’autre, accompliront le prodige d’échapper à l’oubli.
Ainsi, au hasard de nos échanges sur la Toile, la mémoire d’Herry en sortira grandie, au sens propre comme au sens figuré !
04 avril 2008
CHARTE DU HÉRISSON LOQUACE

Article 1 - La « Tribune Libre » de LIBR’HERRY est ouverte à la libre expression des habitants et résidants du village d’Herry (18).
Article 2 - La chronique appelée à figurer dans cette « Tribune Libre » doit porter sur un sujet d’intérêt général, lié à la gestion publique, ou portant sur la vie sociale, économique et culturelle du village d’Herry. À ce titre, elle ne peut se prêter à commenter ou à alimenter des litiges d’ordre privé ou des conflits de voisinage.
Article 3 - Ladite chronique ne peut se résumer à la simple communication d’une information administrative, commerciale ou associative. Elle a pour vocation exclusive d’exprimer une opinion personnelle, qui n’engage bien sûr que son auteur. En gage de responsabilité, l’auteur accepte au préalable que son nom soit porté en signature.
L’usage d’un pseudo ou le recours à l’anonymat valent empêchement à la publication.
Article 4 - Ladite chronique doit respecter le « bon ton » lié aux règles usuelles de courtoisie. La délation, l’injure et la diffamation valent empêchement à la publication.
Moyennant cette précaution d’usage, LIBR’HERRY n’exerce aucune censure sur le fond comme sur la forme.
Article 5 - La densité rédactionnelle de ladite chronique ne doit pas excéder la longueur d’un feuillet, soit 1.500 signes, espaces compris.
Si cette limite s’avère dépassée, LIBR’HERRY demande à l’auteur de procéder à la synthèse qui s’impose.
Article 6 - Ladite chronique paraît à date fixe, soit le 5, le 15 ou le 25 de chaque mois.
Article 7 - Le chroniqueur doit, dans un délai de 48 heures franc avant la publication, adresser son texte à LIBR’HERRY. Un fichier image peut y être ajouté, moyennant l’accord préalable de LIBR’HERRY sur la conformité technique de son format et sur sa pertinence au regard du texte transmis.
Article 8 - Ladite chronique est livrée à titre gratuit. Elle procède d’une contribution bénévole.
Article 9 - La publication de ladite chronique sur LIBR’HERRY ne vaut pas droit acquis. Cette libéralité n’a pas de valeur contractuelle. Elle résulte de la simple rencontre de bonnes volontés, qui ne vaut ni engagement ni créance.
Article 10 - Le dépôt d’une chronique à paraître dans la rubrique « Tribune Libre » vaut acceptation tacite de la présente charte.




