QU'ON SE LE DISE — N°8
Puisque « notre joli blog villageois » a suivi l’organisation du scrutin présidentiel sur notre commune, LIBR’HERRY ne saurait rester indifférent aux élections législatives des 10 et 17 juin prochain, celles qui nous invitent à élire notre député.
Assez compliquée la perception du scrutin législatif.
Comme notre député est réputé être « représentant du peuple et élu de la nation », — souveraineté nationale oblige, selon l’article 3 de notre Constitution —, il n’a en théorie aucun compte à rendre à ses électeurs. Mais comme il s’agit d’un scrutin uninominal par circonscription, impossible pour un candidat, et encore moins pour le député sortant, de nier le rapport direct de légitimité qui le lie aux électeurs de son ressort territorial.
Dès lors, chaque élection législative demeure prisonnière des mêmes ambiguïtés : s’agit-il de donner une majorité parlementaire au nouveau président de la République ou de contribuer à l’équilibre des pouvoirs en exprimant le souhait d’une « cohabitation institutionnelle » ? S’agit-il d’approuver ou de désavouer une politique nationale ou des promesses d’actions locales, plus perceptibles et plus rationnelles pour une démocratie de proximité ? S’agit-il de souscrire au programme d’un parti politique ou d’exprimer l’attachement que l’on porte à une personnalité locale ?
Il y en a pour tous les goûts, pour toutes les sensibilités, pour tous les tempéraments lors d’un scrutin législatif d’autant plus qu’il se prête à 577 élections locales !
Seule façon de « voter en son âme et conscience » : faire valoir « notre droit d’interpellation » — vieille conquête révolutionnaire — auprès de notre député sortant pour nous aider à construire nous-même notre opinion.
Pour ce faire, rien de mieux qu’une lettre ouverte à notre député, Louis Cosyns, dont notre blog portera témoignage dans les questions qu’elle pose comme dans les réponses qu’elle recevra.
Aussitôt cette chronique insérée, cette lettre ouverte a été transmise à notre député, par la voie d’un mail.
Le 7 juin prochain, LIBR’HERRY publiera dans son intégralité la réponse qu’il voudra bien nous livrer.
Grâce à « notre joli blog villageois », vous disposerez ainsi de nouveaux éléments de réflexion pour vous forger une intime conviction.
À très bientôt donc… Et vive la démocratie locale !
— Lettre ouverte à Louis Cosyns, notre député —
Monsieur le député,
Comme l’expression du suffrage compose désormais avec le débat démocratique permanent qu’alimente le web, permettez-moi de vous interroger en votre qualité de candidat aux élections législatives des 10 et 17 juin prochain sur la 3e circonscription du Cher.
Cette lettre ouverte est publiée sur LIBR’HERRY, — le joli blog non officiel du village d’Herry —, que j’ai plaisir d’animer depuis avril 2008, et sur lequel figure, entre autres sources, un lien vers votre site.
Avec une moyenne de 130 visiteurs par semaine, ce blog s’impose tout naturellement comme le premier media d’Herry. Comme tel, il contribue à l’information régulière de nos concitoyens et fait honneur à son rôle de relais d’opinion.
À raison de votre expérience parlementaire, autorisez-moi à vous poser trois questions de bon sens, susceptibles d’inspirer le devoir civique de nos 826 électeurs Hérissons…
- Pourquoi estimez-vous devoir solliciter un troisième mandat parlementaire ?
- Quelles sont vos trois dernières interventions marquantes sur notre commune d’Herry et/ou sur le canton de Sancergues ?
- Au cours de votre dernier mandat, quels projets locaux (communes bénéficiaires, montants, types d’opération) avez-vous financés avec la « réserve parlementaire » que vous octroie chaque année l’Assemblée nationale ?
De façon à nourrir la réflexion de nos fidèles lecteurs(trices), je vous serai très reconnaissant de bien vouloir nous transmettre vos réponses avant le 6 juin prochain.
Comme il se doit, elles seront publiées dans leur intégralité sur le site LIBR’HERRY, dès le 7 juin, soit trois jours avant le premier tour de scrutin.
Si vous estimez ne pas devoir répondre, je serai au regret de dresser un constat de carence, sans nul doute préjudiciable au travail de terrain que vous déployez depuis quelques semaines sur notre circonscription.
Sûr de votre aimable contribution,
Je vous prie de croire, Monsieur le député, en l’assurance de mes respectueuses salutations.
Jacques Gimard

HUMBLE AVIS N°14
À Herry, elle est sereine la démocratie, comme en témoigne l’ambiance qui présida au dépouillement du second tour du scrutin présidentiel…
Les petites erreurs dans le décompte des bulletins, vite corrigées par une vigilance redoublée, rendent sympathique cette messe basse républicaine.
Les chuchotements intrigués des spectateurs participent au mystère insondable du verdict populaire jusqu’au moment où un concitoyen décomplexé ose poser à voix haute la seule question qui vaille : « Alors, à quelle sauce allons-nous être mangés ? »
Point d’orgue de la liturgie démocratique lorsqu’un scrutateur couche sur le tableau les résultats définitifs. Soulagement pour les uns, déception pour les autres. Éternel paradoxe français : à chaque élection présidentielle, le suffrage universel direct divise plus qu’il ne rassemble notre République pourtant proclamée « une et indivisible ».
Division passionnée bien sûr entre la France de Nicolas et la France de François… Distance stupéfiante aussi entre l’effervescence parisienne et la quiétude provinciale dès que la télévision met en scène la dramaturgie de la soirée électorale.
À Herry, tout est calme et paisible. À Paris, l’émotion populaire joue de liesses, enjouées ou vindicatives. Des reportages complaisants nous font croire que l’histoire de France vient de basculer. Des pancartes proclament « le SMIC à 1.700 € : le changement c’est maintenant ». Des drapeaux algériens et ivoiriens flottent Place de la Bastille…
Preuve que « l’identité de la France » vacille, un soir de scrutin. Comme si l’allégresse démocratique osait injurier l’avenir, entre Paris l’excitée et nos provinces angoissées…
Ouverture de l'urne : l'instant où tout bascule...
Dextérité, rapidité, vigilance : la démocratie en action...
Bulletin Sarkozy à gauche, bulletin Hollande à droite : un cas de dyslexie électorale ?
Bulletins triés par tas de cinquante : le verdict est imminent.
LU DANS LE JOURNAL N°5
À Herry comme ailleurs, les urnes ont parlé. Alors pourquoi notre « joli blog villageois » resterait-il sans voix face à la vox populi ?… Sujet noble que la politique, lorsque le débat est à la hauteur des enjeux.
Si LIBR’HERRY veille à « ne pas faire (trop) de politique », sa tribune reste ouverte, comme il se doit, à celles et ceux qui ont envie d’exprimer leur avis. Puisque face au suffrage universel, chacun est censé avoir une opinion. Ce qui reste encore à démontrer…
Le temps de ce premier tour de scrutin présidentiel, la droite semble majoritaire dans le corps électoral hérisson, du moins si l’on agrège tout ou partie de « la vague bleu Marine », comme s’amuse à titrer la presse locale. Veillons bien sûr à ne pas tirer de conclusions hâtives pour les prochaines consultations électorales, en 2014, — au-delà des élections législatives de juin — qui se joueront sur des considérations locales, de sorte que les facteurs proximité et notoriété des candidats en lice seront déterminants dans l’expression des suffrages.
Vote ras-le-bol ? Vote de détresse ? Vote de crise ? À trop vouloir chercher des explications sur le vote FN en Cher-Nord et Val de Loire, La Voix du Sancerrois se perd en conjectures, aussi étonnantes que stupéfiantes.
Parmi les diatribes recueillies par le journaliste-enquêteur, l’une résume à elle seule toutes les contradictions des indigènes berrichons : « Si en plus, c’est pour être snobé le week-end par les Parisiens et leurs grosses voitures, ça énerve… »
Les « Parisiens », population allogène indésirable, seraient donc « stigmatisés » — pour reprendre un mot-code socialiste à la mode — comme l’une des causes majeures du vote FN !
Remarquons d’emblée la perfide association d’idées entre « Parisiens » et « grosses voitures ». À croire que la jalousie et la mesquinerie feraient partie du patrimoine génétique du Berrichon de race pure. De surcroît, la population autochtone se trouverait bien ingrate à se plaindre de l’invasion francilienne du week-end… Car sans « les Parisiens » du dimanche, les villages berrichons resteraient déserts toute l’année, avec des maisons délabrées, des jardins en friches et des commerces fermés.
Rappelons enfin que, pour beaucoup d’entre eux, ces « Parisiens » indésirables sont d’authentiques Berrichons de souche, heureux de renouer avec leurs racines familiales. Certains choisissent même notre contrée pour y couler une paisible retraite. Ils deviennent alors Berrichons à plein temps. Et à leur tour, ils ne tardent pas à se plaindre des Parisiens… Et peut-être même à voter FN « en cachette » parce qu’un vrai Berrichon dissimule toujours son opinion alors qu’il n’en pense pas moins. Parce que dans le Berry, bien sûr, l’enfer c’est toujours « les autres »… Parole de Berrichon !
Source : La Voix du Sancerrois — 26 IV 2012
LU DANS LE JOURNAL N°4
L’hommage municipal que La Voix du Sancerrois a récemment relaté à l’endroit de nos trois Hérissons centenaires a le bonheur de nous laisser songeurs…
Oublions vite la photo de circonstances immortalisant nos édiles dans une posture un peu guindée. Pas facile, il est vrai, de poser avec « une composition florale » dans les mains tout en voulant se donner une contenance naturelle… Dommage pour nos valeureux notables : le photographe n’était guère inspiré.
Arrêtons-nous simplement sur la pensée qui nous hante aussitôt : à quoi tient le mystère de la longévité ?
Devenir centenaire, est-ce le fait du hasard, le résultat d’une saine hygiène de vie, le verdict aléatoire d’un bon patrimoine génétique ?
Poser la question, c’est déjà se perdre en conjectures et, inconsciemment, s’interroger sur notre propre aptitude à atteindre un siècle de vie.
Pour nous qui doutons ou espérons — selon notre tempérament plus ou moins optimiste —, deux attitudes rivalisent de bon sens.
— Ou on adopte de franches résolutions pour multiplier nos chances d’atteindre ce cap de grande sagesse. Et on se met en quête de recettes promises à réussir.
Si vous partagez cette envie, suivez ce lien :
http://www.viva.presse.fr/Cinq-conseils-pour-devenir_3786.html
— Ou alors on cherche à se rassurer en évaluant nous-mêmes notre propre espérance de vie sur la base de questionnaires anxiogènes.
Si vous vous reconnaissez là, précipitez-vous sur ce lien :
http://www.e-sante.fr/quelle-est-votre-esperance-vie-faites-votre-calcul-personnel/actualite/422
Entre vouloir devenir centenaire et savoir si on va le devenir, surgirait la frontière entre deux conceptions de la vie, celle qui sépare les caractères volontaristes et les esprits fatalistes.
Mais cela serait vraiment trop simple si le secret de la longévité reposait sur un raisonnement cartésien. Pour longtemps encore, à Herry comme ailleurs, la chance d’être centenaire gardera ses mystères. Un cadeau étrange de la nature qui se plaira toujours à narguer l’équité…
Source : La Voix du Sancerrois, 19 janvier 2012
DIVERS D'HIER N°1
En honneur de l’année nouvelle, ajoutons une rubrique inédite à notre « joli blog villageois » pour mieux savourer son humeur berrichonne, au fil des faits divers de jadis qui ont dû « faire jaser » nos aïeux.
Dans le ton comme dans son contenu, l’article paru dans la Dépêche du Berry le 29 janvier 1943 — il y a soixante-dix neuf ans presque jour pour jour — en dit long sur le « sentiment d’insécurité » qui, au cœur de l’Occupation, s’empare soudain d’Herry après une série impressionnante de cambriolages nocturnes.
L’identité des victimes, la stupeur de leurs réactions sur le vif, le détail des préjudices subis, l’itinéraire des voleurs, les rumeurs qui enflent aussitôt : tout est raconté à la façon d’une enquête de terrain, comme si nous emboitions le pas du chroniqueur… À une époque où le vol par effraction et l’indignation conséquente intéressaient la presse locale.
TEXTE INTÉGRAL —
Il faut vraiment être sûr de soi pour visiter dans la même nuit onze caves, et y dérober toutes sortes de marchandises et victuailles. C’est cependant l’exploit que viennent de réaliser, à Herry, d’audacieux malfaiteurs.
Dans la nuit du 24 janvier, ils ont pénétré dans les caves et sans aucun bruit, sans trop de dégâts pour les maisons. Ils ont effectué une rafle fructueuses certes, mais qui, s’ils sont pris, leur rapportera aussi quelques mois de prison. Mais voici les faits.
Le 25 janvier, M. Eugène Trotignon, 53 ans, cultivateur, se rendit dans son écurie, et regarda à l’intérieur d’un coffre pour voir si du blé qui y était placé ne subissait aucun dégât. Il eut la désagréable surprise de constater que le blé avait disparu. En effet, un cas de 50 kgs n’était plus à sa place de même que quelques sacs d’engrais.
Ayant fait part du vol à sa voisine, Mme Lucie Debord, 56 ans, ménagère, celle-ci lui avoua à son tour que trois poules lui avaient été également été prises et qu’elle subissait un préjudice de 500 francs.
Les nouvelles se transmettent vite dans un village et, peu après, c’est M. Fernand Rousselet, secrétaire de mairie, qui se plaignait qu’un fût de vin de 30 litres, et une trentaine de bouteilles de vin fin vieux avaient tenté les voleurs. Le tout était entreposé dans la cave et la serrure fermée à clef obligea les malfaiteurs à la fracturer. C’est un préjudice de 2.000 francs que M. Rousselet a à déplorer.
Et l’on apprit encore que, continuant leur ronde, les voleurs étaient aussi passés chez M. Pierre Cherrier, 43 ans, entrepreneur de battage. Ayant fracturé la porte de la cave, ils ont pénétré dans la cuisine et y ont dérobé un drap de lit, une paire de brodequins d’homme, trois blouses de femmes, etc. Or, M. Cherrier, qui couche au-dessus de la cuisine, n’a entendu aucun bruit au cours de la nuit. Il estime son préjudice à 1.500 francs environ.
Ayant peut-être été dérangés à ce moment-là, les voleurs ont simplement arraché le grillage qui barre l’entrée de la cour de Mme Judith Coquery, 32 ans, ménagère. Mias ils sont passés chez Mlle Lucienne Gravier, 46 ans, tricotteuse, et, dans la cave, ont pris deux doubles décalitres d’oignons, trente kilos de pommes de terre, deux pots de haricots verts salés, deux kilos de sel et quatre litre de vin, le tout estimé à environ 300 francs.
Ils ont encore forcé le cadenas de la cave de Mme Amée Basty, 72 ans, ménagère, et ils se sont appropriés cinquante kilos de pommes et quinze kilos de poires.
Après les légumes et les fruits, il fallait bien un peu de viande, n’est-ce pas ? Aussi est-ce quinze lapins estimés 1.2000 francs, qui ont été pris chez Mme Éveline Vannier, 43 ans, ménagère, puis trois poules et trois lapins dans le clapier de M. René Tournefier, 41 ans, cantonnier qui estime la perte qui lui est causée à 500 francs.
La veille de cette formidable razzia, deux jeunes gens, âgés de 20 à 25 ans, ont consommé dans un café du village. Sont-ils pour quelque chose dans ces cambriolages ? Une auto étrangère à la commune a aussi été remarquée. Qui en est le propriétaire ? C’est ce que la gendarmerie, qui a ouvert une enquête, essaie d’établir.
Source : La Dépêche du Berry, 29 janvier 1943
RACINES
Libr’Herry adresse à ses fidèles lecteurs(rices)
ses meilleurs vœux pour l’Année nouvelle,
toujours plus inspirée par nos racines berrichonnes…

LES GOÛTS ET LES COULEURS N°3
Et si on clôturait l’année en musique ?
Exercice délicat en Berry tant les traditions locales en appellent encore au grésillement plaintif de la vielle : une passion folklorique dont je laisse volontiers l’exclusivité à l’inimitable Sabotée Sancerroise.
Osons alors explorer le Pop berrichon à la manière du groupe Old School, alias Pop Berry Band, dont j’ai découvert par hasard le registre « musique de jeunes »...
Je ne suis pas assez expert pour m’aventurer dans la critique, exercice trop facile quand on ignore tout de la composition musicale.
Alors je vous laisserai le soin de juger… et de « faire le buzz » autour de vous « si cela vous parle », comme disent les D’jeunes.
http://old.school.over-blog.com/
HISTOIRE, MÉMOIRE, TERROIR N°7
Nouvelle démonstration de « catéchisme mémoriel » dans notre journal hebdomadaire, La Voix du Sancerrois, jeudi 8 décembre dernier.
L’article relatant l’hommage annuel rendu au « capitaine Daniel, tombé au champ d’honneur le 3 décembre 1944 » évite de s’attarder sur la légende assez sulfureuse de cet étrange personnage, figure éponyme du panthéon communiste de la Résistance berrichonne.
Celui « qui avait si souvent passé à travers les balles » — insiste bizarrement la chronique posthume publiée dans le Berry Républicain, le 6 décembre 1944 — entreprit à Beffes, le 4 avril 1944, de retenir en otage quatre policiers venus d’Orléans : une prouesse peu reluisante au regard des terribles représailles allemandes qui allaient s’abattre le 30 avril sur la population innocente.
De même, en mai 1944 à Veaugues, ce « paladin de légende » — dixit le même article — parvint miraculeusement à sortir seul indemne d’une gigantesque opération militaire. Les résistants croyaient pouvoir tendre une embuscade à cinq voitures de la Gestapo. Mais l’armée allemande les attendait au rendez-vous, grâce aux renseignements que leur livra un résistant félon et vénal du Groupe Daniel. Curieusement, seul le chef, le fougueux Capitaine Daniel, sortit indemne du massacre.
Circonstance miraculeuse ou exfiltration arrangée ? L’énigme reste entière et le doute méthodique, — posture naturelle de l’historien —, reste permis. Pour mémoire, rappelons que le « monstre Paoli », pour démanteler le réseau Vengeance, sut habilement tirer profit des rivalités entre résistants sancerrois dont la foi patriotique fut hélas parfois chancelante…
§
UN MAQUIS TOUT PRÈS D’HERRY
« Campements successifs du Groupe Daniel : Chassenet (commune de Saint-Bouize) où le fermier, Monsieur Thirot, les ravitaille, la forêt du Chêne Fourchu et le Bois Caché à Feux, les bois de Veaugues, Vinon où le vicomte de Vaufreland a caché le groupe, ceux de Lugny-Champagne et la ferme du Coudray (commune de Groises) qui sera le dernier emplacement du maquis au moment de la Libération. »
Source : Ouvrage collectif - La Résistance dans le Cher, 1940-1944 (Orléans, CRDP, 2004)
Plusieurs pages sont consacrées à la rafle de Beffes (30 avril 1944) et au massacre de Veaugues (19 mai 1944) dans mon roman historique, — Trompe-la-Mort - Les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo — écrit à partir de mes recherches dans les archives départementales du Cher et de témoignages inédits recueillis auprès de personnes ayant vécu cette période.
Source : Jacques GIMARD — Trompe-la-Mort — Les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo (Éditions Qui Lit Vit, 320 pages, format 14x20 cm, 22 €)
POUR COMMANDER CE LIVRE :
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Si vous souhaitez organiser une conférence-débat, contactez l’auteur…
Source : La Voix du Sancerrois, 8 décembre 2011
Source : Le Berry républicain - 6 XII 1944 — Archives départementales du Cher, PER 204
HERRY SOUS L'OCCUPATION N°9
Poignant exemple de protocole funéraire par temps de guerre : l’abbé Sennedot n’omet aucun détail au moment de raconter ce triste périple dans son Rapport exclusif adressé à l'Archevêque de Bourges. Deux corps putréfiés de soldats français retrouvés près du Pont de Pouilly. Deux âmes à bénir avant de leur offrir une sépulture décente dans le cimetière d’Herry…
ÉPISODE 9 —
"Enfin 5 juillet 1940, 1er vendredi du mois, dernier et émouvant épisode de la guerre à Herry : sépulture religieuse dans le cimetière communal de deux soldats français tombés pour la France, près du Pont de Pouilly, dans un combat meurtrier qui eut lieu le dimanche soir 16 juin et pendant lequel des avions, que l’on suppose italiens, firent pleuvoir sur la foule des piétons, — soldats et civils qui traversaient la Loire en rangs pressés —, une grêle de bombes qui fit de nombreuses victimes. Les corps des deux militaires furent retrouvés trois semaines plus tard sur le territoire de la commune d’Herry, recouverts d’une légère couche de terre, près du village du Perthuis-du-Bois.
L’état de décomposition des corps empêcha toute cérémonie à l’église. Je demandais aux Dames de la Ligue Patriotique de faire en ce premier vendredi de mois le sacrifice de la messe qui devait être célébrée à leur intention et de me permettre d’en appliquer les mérites et le fruit aux âmes des deux glorieux serviteurs de la France, et à onze heures, pendant que les cloches sonnaient le glas, une cérémonie religieuse eut lieu au cimetière, au pied du monument aux morts de la guerre 1914-1918. Les deux bières, contenant les restes des deux soldats étaient rangées côté à côte sous le drapeau tricolore. Une absoute solennelle fut chantée par Monsieur le Curé entouré d’anciens combattants et d’une assistance de cent cinquante personnes environ, et les corps furent déposés l’un après l’autre en terre sainte, après une dernière bénédiction. L’un des soldats était du recrutement de la Seine, de la ville de Saint-Denis, et l’autre du recrutement de la Sarthe, de la ville du Mans. Que leurs âmes, par la miséricorde de Dieu, reposent en paix !"
(à suivre)

Avion italien Savoia-Marchetti S.M.79 Sparviero
Le Berry a connu bien d'autres cruautés au cours des années sombres de l'Occupation, comme le relate mon roman historique, — Trompe-la-Mort - Les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo — écrit à partir de mes recherches dans les archives départementales du Cher et de témoignages inédits recueillis auprès de personnes ayant vécu cette période.
Source : Jacques GIMARD — Trompe-la-Mort — Les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo (Éditions Qui Lit Vit, 320 pages, format 14x20 cm, 22 €)
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HISTOIRE, MÉMOIRE, TERROIR N°6
L’article que l’hebdomadaire La Voix du Sancerrois vient de consacrer à « la mémoire de Roland Champenier » participe sans l’avouer à une mythologie de la seconde guerre mondiale dont notre XXIe siècle a vraiment du mal à se départir.
Tout ce que l’on croit savoir de ce maquisard berrichon, — ayant essentiellement combattu dans la Nièvre — procède d’une hagiographie tellement hyperbolique que ce « grand homme de Marseilles-les-Aubigny »1 semble soudain désincarné.
Les rares éléments biographiques que l’on trouve à son sujet en dressent un portrait héroïque qui ne trahit ni faiblesse ni défaut.
On le découvre tour à tour instruit, besogneux, courageux, entreprenant, intrépide, opiniâtre, altruiste, charismatique, zélé, patriote. Bref, le héros parfait, sans la moindre aspérité.
La liste de ses exploits apparaît, il est vrai, stupéfiante : aussitôt son CAP en poche, il opte pour la lutte clandestine, il met en place des équipes de sabotage, il tisse un réseau d’évasion avec le concours des mariniers pour aider des prisonniers à trouver refuge en « zone libre », il crée un maquis sur les îles de la Loire, entre Cher et Nièvre, il dirige la bataille de Donzy, il attaque l’hôpital de Nevers pour y libérer des camarades torturés…
Mieux encore, toute sa famille prend part, à ses côtés, à la martyrologie de l’Occupation.
Ses grands parents, victimes de la rafle de Beffes, le 30 avril 1944, sont déportés. Sa grand-mère Léonie périt dans un camp de concentration.
Son père Louis2 est tué lors de la bataille de Donzy, le 1er juillet 1944.
Son frère Maurice, âgé de 14 ans, brièvement arrêté lors de la rafle de Beffes, lui servira d’agent de liaison.
Apothéose d’un destin tragique : notre héros berrichon trouve la mort dans la bataille des Vosges le 14 novembre 1944. Il avait tout juste vingt ans.
Hélas, le récit de cette épopée ne nous raconte pas l’essentiel : pourquoi ce preux « Roland, paladin du maquis » — titre d’une brochure (communiste) éditée à sa gloire —, avait-il choisi cet engagement total ? Comment a-t-il pu s’y imposer si jeune ? Quelles raisons intimes, militantisme mis à part, animaient son action ?
Aujourd’hui, ne perdure de lui que la posture emblématique d’un jeune berrichon qui choisit de combattre une utopie meurtrière, — le nazisme — au nom d’une autre utopie politique, le communisme, qui se révélera tout aussi meurtrière…
Est-il pour mort « pour ses idées » ou « pour son pays » ? Libre à chacun d’interpréter, selon le degré de sympathie qu’inspirent les cérémonies cultuelles à la gloire d’une utopie d’un autre temps…
Seule entorse à l’orthodoxie communiste : cette année, la chorale de Pougues-les-Eaux a omis de jouer l’Internationale, l’hymne qui présida aux obsèques3 du commandant Roland Champenier. Sans doute parce que l’utopie ne fait plus rêver… pas même à Marseilles-les-Aubigny.
NOTES —
1« Nos grand hommes » : titre de la rubrique que le site de Marseille-les-Aubigny consacre au commandant Roland Champenier.
http://www.marseilles-les-aubigny.fr/index.php?ID=3&A=8
2Selon des témoignages convergents datant de 1947 et 1948, Louis Champenier, père de Roland, aurait participé, en compagnie de son beau-frère, à l’attentat (manqué) contre le gestapiste Pierre Paoli, le 14 août 1943 à Aubigny-sur-Nère.
3Cf. ci-dessous, l’article du Berry Républicain du 21 novembre 1944
Document 1 – Annonce de la mort de Roland Champenier
Source — Archives départementales du Cher, PER 204 : article in Le Berry Républicain, 17 novembre 1944
Document 2 — Les Obsèques de Romand Champenier
Source — Archives départementales du Cher, PER 204 : article in Le Berry Républicain, 21 novembre 1944
Document 3 — Compte-rendu d’audition de François Champenier, grand-père de Louis, au cours de l’instruction de l’affaire Paoli
Source : Archives départementales du Cher, 755 W 1 : PV audition François Champenier, 22 janvier 1946
Document 4 — Hommage rendu en novembre 2011
Source : La Voix du Sancerrois, jeudi 17 novembre 2011 (extrait)
Plusieurs pages sont consacrées à la rafle de Beffes (30 avril 1944) dans mon roman historique, — Trompe-la-Mort - Les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo — écrit à partir de mes recherches dans les archives départementales du Cher et de témoignages inédits recueillis auprès de personnes ayant vécu cette période.
Source : Jacques GIMARD — Trompe-la-Mort — Les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo (Éditions Qui Lit Vit, 320 pages, format 14x20 cm, 22 €)
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