Libr'Herry

Le joli blog non officiel du village d'Herry

16 juillet 2009

RACE BERRICHONNE N°3

Berrichon_03___copie Profitons de la pause estivale pour explorer encore les contours de la « race berrichonne », sous la plume, cette fois, de la bonne Dame de Nohant qui fait montre d’une condescendance quelque peu désobligeante à l’endroit de nos aïeux.

« Le caractère grave et silencieux du paysan n’est pas un des moindres charmes de cette contrée. Rien ne l’étonne, rien ne l’attire. Votre présence fortuite dans son sentier ne lui fera pas même tourner la tête, et si vous lui demandez le chemin d’une ville ou d’une ferme, toute sa réponse consistera dans un sourire de complaisance, comme pour vous prouver qu’il n’est pas dupe de votre facétie. Le paysan du Berry ne conçoit pas qu’on marche sans bien savoir où l’on va. À peine son chien daignera-t-il aboyer après vous ; ses enfants se cacheront derrière la haie pour échapper à vos regards ou à vos questions, et le plus petit d’entre eux, s’il n’a pu suivre ses frères en déroute, se laissera tomber de peur dans le fossé en criant de toutes ses forces. Mais la figure la plus impassible sera celle d’un grand bœuf blanc, doyen inévitable de tous ces pâturages, qui, vous regardant fixement du milieu du buisson, semble tenir en respect toute la famille moins grave et moins bienveillante des taureaux effarouchés.
À part cette première froideur à l’abord de l’étranger, le laboureur de ce pays est bon et hospitalier, comme ses ombrages paisibles, comme ses près aromatiques… »

Georges SAND — Valentine (Paris, Calmann-Lévy)

george_sand


Posté par JGimard à 22:10 - Saveur - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

Commentaires

Lisant le titre, je pensais avoir affaire à un article sur une race ovine, voire sur le Grand Noir du Berry...

Les techniques agricoles ayant tant évolué depuis George Sand, je pense que la race en question est aujourd'hui éteinte, et que le monde agricole est coupé en deux.

D'un côté, les céréaliers, à la tête d'exploitations de plus en plus grandes, mais qui ne travaillent qu'à mi-temps (annualisé...).

De l'autre, les éleveurs, qui vivent pour travailler, et tant bien même que ce travail leur rapporterait beaucoup (ce qui reste à prouver), ils n'ont pas le temps d'en profiter.

De toutes façons, l'un et l'autre ne se promènent plus depuis longtemps avec leur famille dans les chemins...

Posté par Sirius, 17 juillet 2009 à 08:28

Attention à l'origine de l'appellation

La formule race berrichonne a été mise en valeur (?) par Hugues Lapaire, proche des idées de Baffier, célèbre humaniste (?) antidreyfusard.

Alors accoler cette formule à George Sand me paraît un contresens. Si elle a décrit le paysan de la vallée Noire ou de l'Indre (et non berrichon) sous des allures lourdaudes, dans la droite ligne des propos du préfet Dalphonse, cela correspondait au paternalisme de l'époque. Mais il n'y avait pas de mépris dans son propos (voir sa demande à son fils de conserver les coutumes et traditions).

Posté par Jean-Baptiste Lu, 08 août 2009 à 08:49

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=443465&pid=14419536

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :