Journal-AÀ Herry comme ailleurs, les urnes ont parlé. Alors pourquoi notre « joli blog villageois » resterait-il sans voix face à la vox populi ?… Sujet noble que la politique, lorsque le débat est à la hauteur des enjeux.

Si LIBR’HERRY veille à « ne pas faire (trop) de politique », sa tribune reste ouverte, comme il se doit, à celles et ceux qui ont envie d’exprimer leur avis. Puisque face au suffrage universel, chacun est censé avoir une opinion. Ce qui reste encore à démontrer…

Le temps de ce premier tour de scrutin présidentiel, la droite semble majoritaire dans le corps électoral hérisson, du moins si l’on agrège tout ou partie de « la vague bleu Marine », comme s’amuse à titrer la presse locale. Veillons bien sûr à ne pas tirer de conclusions hâtives pour les prochaines consultations électorales, en 2014, — au-delà des élections législatives de juin — qui se joueront sur des considérations locales, de sorte que les facteurs proximité et notoriété des candidats en lice seront déterminants dans l’expression des suffrages.

 

LVS-26IV2012-02

Vote ras-le-bol ? Vote de détresse ? Vote de crise ? À trop vouloir chercher des explications sur le vote FN en Cher-Nord et Val de Loire, La Voix du Sancerrois se perd en conjectures, aussi étonnantes que stupéfiantes.

Parmi les diatribes recueillies par le journaliste-enquêteur, l’une résume à elle seule toutes les contradictions des indigènes berrichons : « Si en plus, c’est pour être snobé le week-end par les Parisiens et leurs grosses voitures, ça énerve… »

Les « Parisiens », population allogène indésirable, seraient donc « stigmatisés » — pour reprendre un mot-code socialiste à la mode — comme l’une des causes majeures du vote FN !

Remarquons d’emblée la perfide association d’idées entre « Parisiens » et « grosses voitures ». À croire que la jalousie et la mesquinerie feraient partie du patrimoine génétique du Berrichon de race pure. De surcroît, la population autochtone se trouverait bien ingrate à se plaindre de l’invasion francilienne du week-end… Car sans « les Parisiens » du dimanche, les villages berrichons resteraient déserts toute l’année, avec des maisons délabrées, des jardins en friches et des commerces fermés.

Rappelons enfin que, pour beaucoup d’entre eux, ces « Parisiens » indésirables sont d’authentiques Berrichons de souche, heureux de renouer avec leurs racines familiales. Certains choisissent même notre contrée pour y couler une paisible retraite. Ils deviennent alors Berrichons à plein temps. Et à leur tour, ils ne tardent pas à se plaindre des Parisiens… Et peut-être même à voter FN « en cachette » parce qu’un vrai Berrichon dissimule toujours son opinion alors qu’il n’en pense pas moins. Parce que dans le Berry, bien sûr, l’enfer c’est toujours « les autres »… Parole de Berrichon !

LVS-26IV2012-01

Source : La Voix du Sancerrois — 26 IV 2012