Beffes-18_2En écho à la présentation de mon premier roman, — Cf. ma chronique du 7 juin dernier —, je n’oublie pas nos fidèles lecteurs de Beffes qui consultent régulièrement notre « joli blog villageois ».

Au sujet de la rafle de Beffes du 30 avril 1944, plusieurs pièces déposées aux archives départementales permettent de reconstituer dans les moindres détails le déroulement de cette sinistre journée au cours de laquelle notre antihéros berrichon, Pierre Paoli, prit une part très active.

Preuve cynique de la redoutable efficacité de son réseau d’indicateurs locaux que les zélateurs d’une « histoire officielle » ont préféré oublier sur l’autel d’une épopée guerrière pour le moins douteuse…

 

EXTRAIT —

Lundi 1er mai 1944

Journée épuisante hier. Toute la Gestapo était mobilisée sur une grosse opération à Beffes. Ma première expérience commando en uniforme allemand, casque avec jugulaire sous le menton. C’est moi qui avais proposé de la programmer ce dimanche. Parce que tout le monde est à la maison, un jour comme celui-là. Parce qu’il faut aussi ménager l’effet de surprise, aux premières lueurs de l’aube. Surtout parce qu’il faut agir vite avant que les suspects ne disparaissent dans la nature.

Notre brillant indicateur, Jean École, a pu infiltrer le réseau FTP du coin, en sympathisant avec des gars qui logent comme lui à l’Hôtel de l’Espérance, chez Madame Pannetrat, connue de nos services pour abriter aussi des réfractaires au STO.

La liste des noms qu’il nous a établie corrobore les aveux de (…)

 

LE MOT DE L’AUTEUR —

Ce roman est l’histoire d’un choix. Le drame d’un mauvais choix comme pouvaient en inspirer les « années sombres » de l’Occupation allemande. Au lendemain de la débâcle de juin 1940, que signifiait vraiment trahir la patrie, servir le Maréchal ou construire la nouvelle Europe ?

Trop facile de trancher là, sur le vif. N’est-ce pas confortable de juger en s’abritant derrière le verdict de l’Histoire ?

Trop sacrilège d’égratigner le mythe de l’épopée guerrière. À quoi bon jeter la suspicion sur la distribution des rôles entre héros et salauds, entre Résistance et Collaboration ?

Trop pénible de supporter le legs d’un grand-père agent français de la Gestapo, dont l’aveuglement n’eut d’égal que la barbarie. Pourquoi l’atavisme devrait-il peser sur la conscience, comme une malédiction à perpétuité ?

Mathilde, petite-fille du gestapache Pierre Paoli, apprend à vivre avec ces questions. Parce que l’obsession du doute lui interdit de choisir entre abjection et compassion…

Source : Jacques GIMARD — Trompe-la-Mort — Les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo (Éditions Qui Lit Vit, 320 pages, format 14x20 cm, 22 €)

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